NobelGuide, All-on Four, les premières désillusions...

La chirurgie guidée est présentée comme un système permettant de fiabiliser la mise en place des implants. Une planification implantaire est effectuée sur un ordinateur à partir d'images issues d'un scanner et reportée en bouche à l'aide d'un guide de forage réalisé par stéréolithographie et actuellement à appui muqueux, à travers la muqueuse buccale, sans lambeau d'accès. Des systèmes comme le Simplant ou le NobelGuide sont actuellement proposés sur le marché, à grands renforts de publicité. Malheureusement, certains cas cliniques montrent que cette fiabilité est illusoire et peut aboutir à des résultats cliniques plus que médiocres.


L'implant remplaçant la 11 a été mis en place sans lambeau, après une simulation informatique et la réalisation d'un guide chirurgical. L'implant apparaît à travers la muqueuse.


Un lambeau élevé montre que l'implant est partiellement en dehors de l'os maxillaire. L'apparente simplification du protocole chirurgical montre ses limites à partir du moment ou un vrai protocole (c'est-à-dire un lambeau) est réalisé...

Cette apparente fiabilité a incité quelques praticiens à proposer des solutions thérapeutiques simplifiées, faisant appel à un nombre réduit d'implants, avec une planification informatique, un guide stéréolithographique, une chirurgie sans lambeau, une mise en charge immédiate et bien sur des résultats excellents (publiés, mais hélas à court terme...). Certains cas cliniques démontrent malheureusement le contraire...

Une technique All-on-Four a été utilisée chez ce patient, après une simulation implantaire, une chirurgie sans lambeau et un guide chirurgical NobelGuide. Étant éloigné de l'endroit où le travail a été réalisé, le patient consulte pour une importante tuméfaction dans le secteur 2. La radiographie montre une importante zone radioclaire autour de l'implant situé en 25, et une plus discrète sur l'implant 15.

 


Le bridge a été réalisé selon le protocole habituel de cette technique, avec des dents "du commerce" montées à l'aide de résine rose sur une armature métallique.

 


L'implant 25, mobile, est simplement déposé à l'aide d'un davier, après une anesthésie locale.

 


Un pilier postérieur ayant disparu, le bridge ne peut pas être remis en place, d'autant plus que l'implant en 15 ne "sonne"pas bien à la percussion, ce que la radiographie pouvait laisser supposer...

Cette technique, suivant un protocole rigoureux appuyée sur une simulation informatique et un guide issu de cette simulation n'apporte qu'une sécurité illusoire au praticien, ce qui se murmure dans les couloirs des congrès, alors qu'à la tribune des brillants praticiens en font l'éloge (cf éditorial d'Assémat Tessandier, Implant, Mai 2009;15:83-83).

All on Four loupé,
retour au dentier...