L'IMPLANTOLOGIE AUJOURD'HUI

Définition

Suite aux travaux et publications du suédois P.I. Brånemark dans les années 70-80, l'implantologie dentaire est devenue une discipline à part entière de la dentisterie. Elle vise à remplacer une ou plusieurs dents manquantes en mettant en place une ou des racines artificielles dans l'os, sur lesquelles on fixe une prothèse. Cette opération, outre le remplacement esthétique d’une ou plusieurs dents manquantes et la proposition d’une solution plus confortable et alternative aux appareillages amovibles, peut aussi être utilisée en orthodontie comme point d'ancrage. L’implant fait alors office de point d’ancrage pour déplacer une ou plusieurs dents. Chez les personnes totalement édentées, on peut également stabiliser une prothèse amovible grâce à la mise en place chirurgicale de deux implants.
Sommairement, l’opération se déroule en trois phases :

  1. 1- Le praticien incise la gencive et prépare un logement dans l'os pour mettre en place l'implant (racine artificielle en titane). Il referme la gencive et laisse se réaliser la cicatrisation osseuse. Cette phase d'attente, appelée "mise en nourrice", a pour but de permettre la cicatrisation de l'os autour de l'implant : cette cicatrisation est appelée ostéointégration.

    2- Après cette période d’attente, le praticien met en place un pilier en titane, destiné à relier l'implant à la prothèse provisoire.

    3- Enfin, on raccorde la prothèse céramo-métallique aux implants par l’intermédiaire de vis fixées dans les piliers précédemment mis en place

La principale condition est d'avoir un os en bon état. On peut noter certaines contre-indications : certaines cardiopathies, insuffisance rénale, tabagisme, hypertension et le diabète non contr™lé.
Une autre méthode dite "en un temps chirurgical" permet d'éviter la phase de désenfouissement des implants après la phase de cicatrisation dite d’ostéo-intégration. Les vis de cicatrisation des implants dans cette méthode ne sont pas recouvertes par la gencive, celle-ci cicatrise d’emblée autour de vis de cicatrisation. Même si elle donne les mêmes résultats que la méthode classique, elle n'est pas indiquée dans les cas défavorables : gros fumeurs, risques d'infections, etc. Enfin, certaines techniques peuvent pallier le manque d'os (implant plus court mais plus large, greffe d'os, comblement des sinus, etc.).

L’implantologie est, donc, par les nombreux avantages qu’elle confère, en plein essor, les chiffres l’attestent : 120 000 implants sont posés en France chaque année, contre 185 000 en Espagne et 410 000 en Italie ou 420 000 en Allemagne (où la technique est remboursée). Ces chiffres, avec le vieillissement croissant de la population des pays occidentaux vont encore s’accroître considérablement au cours des année à venir.

C’est donc incontestablement une source de développement garanti pour les différents intervenants dans ce domaine. Ca l’est pour les dentistes spécialisés dans cette technique et, plus encore, pour les industriels qui fabriquent les implants. C’est aussi, pour les pouvoirs publics, un véritable enjeu pour contrôler la qualité des pratiques et produits.